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Vaccin Diphtérie-tétanos-Polio, dTP, chez l’adulte, désormais à âge fixe : à 25 ans, 45 ans, 65 ans, 75 ans, 85 ans
par Marie-Thérèse Giorgio 3 mars 2018 0 commentaire

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espace les rappels de vaccination par le vaccin dTP, diphtérie-tétanos-polio chez les adultes, et propose de vacciner à des âges fixes, c’est plus facile à mémoriser aussi bien pour les patients que pour les médecins, et on administre seulement le nombre de doses nécessaires à une bonne protection.

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Le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite sont-elles encore des pathologies d’actualité ?

Les rappels de vaccins dTP , qui assurent une protection contre la diphtérie ( ils comportent une dose réduite en anatoxine diphtérique), le tétanos et la poliomyélite ( dTP) se font désormais à âge fixe : 25, 45, 65, 75 et 85 ans.

vaccins dTP

Dates des rappels pour le vaccin dTP ou dTcaP chez l’adulte : du nouveau !

Les données scientifiques et épidémiologiques accumulées au cours des dernières années permettent d’affirmer que la durée de protection des vaccins dTP est bien supérieure à 10 ans, (sauf chez les personnes au delà de 65 ans).

Les rendez-vous vaccinaux sont désormais proposés à âge fixe.

Le rappel de dTP à l’age de 16 -18 ans est supprimé.

Rappel avec le vaccin dTcaP ( ca = vaccin contre la coqueluche acellulaire à dose réduite en antigènes coquelucheux)

vaccin dTcaP

Un rappel de la vaccination anticoquelucheuse est recommandé chez les adultes, en contact étroit avec des nourrissons de moins de 6 mois, qui n’ont pas reçu de rappel de vaccin coqueluche dans les 5 dernières années : ce rappel immunise les jeunes adultes contre la coqueluche, évitent qu’ils ne deviennent les contaminateurs de leurs jeunes enfants.

C’est la stratégie dite du cocooning , qui vise à protéger les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés, par l’immunisation de leurs parents et de leur entourage proche.

stratégie dite du cocooning

Le nombre de doses de vaccin coquelucheux à administrer chez l’adulte est limité à 1 .

Rappel avec le vaccin dTP , diphtérie, tétanos, polio à 45 ans , puis 65 ans .

vaccin dTP 45 ans 65 ans

Compte tenu de la diminution de l’immunité, le rappel de vaccin dTP est ensuite proposé tous les 10 ans, donc à 75 ans puis 85 ans .

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Welcome to the Jungle

L’échec est une forme d’apprentissage, ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, il faut tomber pour mieux se relever.. Certes, mais dans la pratique c’est souvent un peu plus compliqué que ça. Perte de confiance, remise en question, réorientation, objectif revu à la baisse, échouer, on ne le souhaite à personne (eh oui)... Et bien en fait non. Nous sommes en 2017, et les échecs n’ont jamais été aussi bien vus qu’aujourd’hui !

Pourquoi ? Comment les valoriser ? Quels exemples peuvent nous aider à combattre définitivement le syndrome de l'imposteur ? Nous nous sommes penchés sur le sujet.

Comment perçoit-on l’échec aujourd’hui ?

« La plupart des choses que j’essaie échouent, mais ces échecs sont souvent invisibles, alors que mes succès eux sont bien visibles . » Selon Johannes Haushofer, professeur assistant en psychologie de l’université de Priceton,il est plus simple de valoriser un échec compte tenu du nombre de supposés succès. Facile quand on travaille pour l'une des plus prestigieuses institutions du monde ! Mais c’est justement sur ce point que Johannes nous fait réfléchir.« J’ai remarqué que ça donnait parfois l’impression à mon entourage que tout roule toujours pour moi. Résultat, ces personnes ont tendance à s’attribuer leurs propres échecs à eux-mêmes, plutôt que de prendre en compte le fait que ce monde est imprévisible, qu’une candidature est un acte hasardeux, et que les comités de sélection et d’arbitrage peuvent simplement être de mauvaise humeur. »

En gros, vous devez arrêter de penser qu’une personne à qui tout semble sourire est une personne qui n’en a jamais bavé, et surtout : arrêtez de vous torturer l’esprit avec vos propres échecs, absolument tout le monde fait fausse route dans la vie . Pour vous prouver en quoi il n’est pas aussi fort que vous le pensiez, Johannes a réalisé un “ Sandales Athlétiques Des Femmes Chiruca Rose W4UbSXmlz4
”, un CV qui présente tous ses pires échecs. Formations auxquelles il a été refusé, postes qu’il n’a jamais eus, diplômes ratés : ce document a eu plus de succès que toutes les recherches académiques qu’il a menées jusqu’ici.

« De toutes vos expériences, quel fut votre plus bel échec ? ». En l’espace de trois secondes, il se passe plein de choses dans votre tête : avouer le plus gênant ? Certainement pas. Un plus petit ? Pas assez valorisant. La majorité des candidats optera pour une réponse à mi-chemin, c’est clairement le genre de question qui promet son lot de sourires gênés en entretien. Pour Johannes Haushofer, vous venez de passer à côté d’une question rêvée ! Gros échec signifie souvent grande ambition . En entretien, n’hésitez pas à évoquer avec sourire l’un de vos plus beaux échecs, puis faites preuve de maturité en mettant en avant la part de vous qui a grandi depuis. C’est précisément ce recul objectif, et cette évolution positive que l’on va retenir : pas votre échec.

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Méthodologie d’élaboration d’une charte de développement éolien pour le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée

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Communication faite à l’occasion de: Design et projets d’équipements publics - 4 et 5 novembre 2004 - Colloque-atelier international interdisciplinaire - Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne

Catherine Roi , Agence d’urbanisme Urbane, Toulouse - c.roi@urbane.fr

Un témoignage de professionnels

Dans le cadre de ce colloque, c’est un témoignage de bureau d’études que nous sommes en mesure d’apporter. Ceci veut dire que nous avons répondu à une commande et que le travail que nous avons fait est aujourd’hui propriété de notre maître d’ouvrage, qui continue à le faire évoluer. Ce travail s’est déroulé de février 2002 à juillet 2003. Ce témoignage de professionnels porte sur la méthode éprouvée et ses résultats. La commande, elle, concerne exclusivement les aspects paysagers et environnementaux, les aspects économiques et techniques étant l’affaire du maître d’ouvrage et de ses partenaires dans l’étude: la Direction régionale de l’environnement (DIREN) responsable de l’environnement et des paysages au nom de l’État, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) au nom de l’État, l’Agence méditerranéenne de l’environnement (AME) pour la Région.

Une association de compétences

Pour répondre aux aspects paysagers et environnementaux nécessaires au développement d’une telle démarche, deux compétences se sont regroupées: celle d’un bureau d’études spécialisé en paysage, aménagement, urbanisme (agence Urbane) et celle d’un cabinet spécialisé dans les questions environnementales (cabinet Ectare). Au-delà de l’association nécessaire pour répondre à l’étude, c’est aussi une habitude de partage dans la manière de travailler et de dépasser le simple constat pour fonder des éléments de propositions qui nous rassemble. À tous les deux, les bureaux d’études regroupent des membres d’origine disciplinaire multiple: architecte, paysagiste, urbaniste, géographe, sociologue, ingénieur écologue, botaniste, géologue, etc.

Les raisons de la demande du maître d’ouvrage

Lors de l’élaboration de l’étude, le Parc naturel régional (PNR) était en phase de constitution. C’est donc avec l’instance de préfiguration que nous avons travaillé. L’existence du PNR s’appuie sur l’originalité environnementale et paysagère de son territoire. Situé au bord de la Méditerranée, il se distingue par la qualité, la proximité et la diversité de ses milieux naturels: montagnes calcaires, gorges, étangs servant d’interface entre la mer et la terre dans un département, l’Aude, présentant en France, une forte capacité de développement de l’énergie éolienne. Ce territoire a aussi une particularité: paysage et environnement y sont étroitement liés. La qualité de ce paysage et de cet environnement repose pour partie sur une apparente faible présence humaine. L’insertion de machines éoliennes de grande hauteur qui dégagent une image industrielle les modifie inévitablement. La difficulté de l’étude repose sur cette transformation: au nom de quoi sera-t-elle positive? au nom de quoi ne le sera-t-elle pas? Donc nécessité pour un territoire qui met en avant la qualité de l’environnement de se poser la question de l’éolien et des énergies renouvelables, mais nécessité également de protéger et de valoriser ce qui fonde son identité aux yeux de ses habitants et des résidents de passage. La démarche de création est une démarche longue qui s’appuie sur une volonté politique, une équipe d’animation et de coordination, différentes études et une réelle habitude, ici, d’échanges, de discussions et de prise de décision. Cette expérience est fondamentale car elle est un réel facilitateur dans le cadre d’une méthodologie participative. Le décret de création qui labellise le Parc pour une durée de cinq ans a été publié en fin d’étude, le 18 décembre 2003.

Le contexte audois par rapport aux énergies renouvelables et particulièrement l’éolien

L’Aude est un des départements présentant un gisement de vent pratiquement valorisable sur tout son territoire. La France, s’impliquant dans les recommandations visant à réduire l’émission de gaz à effet de serre, s’est engagée d’ici 2010 à produire 21% de sa consommation d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Des dispositifs ont donc été mis en place pour faciliter le développement de l’énergie éolienne. Ce développement repose essentiellement sur de l’initiative privée. Un département comme l’Aude est de ce fait très prospecté.

La pression de cette prospection a conduit les services de l’État à encadrer ce phénomène par:

Le Conseil régional du Languedoc-Roussillon (par le biais de l’AME, aujourd’hui dissoute après les dernières élections régionales) et le département de l’Aude (par le biais du Conseil architecture urbanisme environnement - CAUE) ont contribué à la mise en place de conseils, d’animations et de débats. Enfin, la ressource en vent est exploitée et connue avant que l’État ne facilite le développement de l’éolien. C’est pourquoi des sites pionniers existent dans l’Aude depuis les années 90, à la suite d’initiatives privée (domaine de Lastour sur la commune de Portel des Corbières) et industrielle (les cimenteries Lafarge sur la commune de Port La Nouvelle).

Les enjeux de l’étude

La méthode

La méthode mise en place s’articule autour de trois étapes: une étape de connaissance, une étape de débats autour des enjeux et des objectifs, une étape de formalisation des objectifs. Un comité de pilotage valide ces différentes étapes, un comité de suivi (technicien du Parc et élu, administration co-maître d’ouvrage) assure la continuité de l’information et des échanges tout au long de l’étude.

En conclusion

Cette démarche sert de base à une dynamique de travail. Elle fait l’objet d’une publication du PNR et sert de protocole pour développer les échanges avec les porteurs de projet. Elle a fait l’objet d’une convention d’application avec les services de l’État et doit être intégrée dans les documents d’urbanisme à appliquer sur ce territoire (Schéma de cohérence territorial d’une part et documents locaux comme le Plan local d’urbanisme ou la Carte communale d’autre part). Elle constitue une grille d’analyse pour les dossiers et permet de mieux croiser les différents regards. Elle a pour vocation d’évoluer sur la base des échanges qu’elle a suscités.

Discussion - «Méthodologie d’élaboration d’une charte de développement éolien pour le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée» (Communication de Catherine Roi, Urbane)

Alain Findeli, Chaire en paysage et environnement, Montréal Merci beaucoup Madame Roi de vous en être tenue à l’horaire et merci surtout de cette présentation. Monsieur Verbizh va enchaîner. Il a été dit ce matin qu’un projet de concours a été lancé par Électricité de France (EDF) et l’Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI) pour une intervention sur les sites éoliens sans toucher aux machines [concours Watt’s in the air?]. Nous en avons quelques images que Monsieur Verbizh, membre du jury, va nous présenter. Cela va enchaîner avec ce que l’on vient d’entendre et de voir. Mais, comme nous le disions ce matin, le fait d’avoir des directives ne nous dit toujours pas quoi faire, ni comment le faire. Il y a toujours un geste de design qui doit suivre et accompagner. C’est dans ce geste que Monsieur Verbizh va nous inviter à entrer.

Rainer Verbizh Je viens ici comme externe en espérant que je vais pouvoir animer la discussion. J’ai participé au jury du concours qu’EDF a lancé il y a trois ans avec l’APCI. L’idée venait d’EDF, qui est bien investie dans l’éducation, notamment en milieu universitaire. Le projet, initiative assez unique en Europe, était de demander à de jeunes créateurs, plutôt étudiants car les projets professionnels étaient quasiment interdits, de travailler non sur le design de la machine, mais sur son environnement, en développant des idées de toutes sortes, par exemple sur l’organisation communautaire, les débats autour des implantations, tout ce que l’on peut injecter comme idées nouvelles. En tant qu’architecte, designer et consommateur, je suis intéressé, comme tout le monde ici, par le développement des énergies alternatives, leur organisation, etc. Par mon travail, je suis aussi intéressé par la vulgarisation scientifique et technique, puisque je travaille pour les musées sur des expositions. Quelques-unes de mes dernières réalisations ont été les muséographies de Vulcania et d’Océanopolis ainsi que des expositions sur le Pic du Midi, un exemple intéressant de mise en place de structures technologiques (pour l’observation météorologique et astronomique) sur un site remarquable (2 500 mètres d’altitude). Il y a là une accumulation incroyable d’installations technologiques qui finalement sont, avec le temps et par le fait qu’on s’y habitue, très bien acceptées. Quand le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a voulu démanteler tout le site, les communes alentour ont décidé de laisser la recherche scientifique là-haut, d’améliorer les locaux et l’accueil et d’ajouter une partie touristique. Ainsi, les gens se sont battus pour conserver la défiguration de ce site! Alors, pourquoi ne pas imaginer que l’on pourrait avoir des gens qui se battent pour avoir des éoliennes installées près de leur village?

Brièvement, pour le concours, il y avait 600 inscriptions, 70 ou 80 projets. Le jury était mixte avec, entre autres, des paysagistes, des personnes d’EDF, des designers, des architectes. Une dizaine de projets a été retenue, avec quelques prix. Je ne sais pas si ces projets ont eu un impact et si on est allé plus loin. Les projets devaient avoir lieu sur des sites qui existent, pour que ce soit réaliste.

Ici, par exemple, Saint-Paulet en Haute-Garonne (Midi-Pyrénées). C’était le premier prix car il y a eu une approche très globale. Un psychologue et deux designers ont pris un site avec des anciens moulins pour imaginer le développement d’une façon de proposer la concertation avec la population et pour préparer, petit à petit, l’installation d’éoliennes, avec des «fêtes du vent» où des cerfs-volants simuleraient l’implantation d’éoliennes et leur impact sur le paysage.

Ici, Dourges dans le Pas-de-Calais (Nord-Pas-de-Calais). Un graphiste, des plasticiens et un architecte ont pris comme exemple les terrils pour une recherche géométrique et une recherche sur le son. Sur le terril, il y a un puits qui restitue le son des éoliennes. Il y avait toute une communication autour.

Autre exemple toujours sur le son: dans le Massif du Travers de Nébian dans l’Hérault (Languedoc-Roussillon). Les éoliennes sont implantées sur un paysage abandonné avec des murets coupe-vent. Un réaménagement permet de faire un cheminement sur les murets, avec des abris au pied des éoliennes, pour capter le son et le vent. Tout ceci pour travailler et mettre en scène le bruit des pales.

Ces projets ont obtenu les trois premiers prix. Ce que je voulais dire ce matin dans la discussion, c’est que tout le monde est pour les éoliennes. Tout le monde dit qu’il n’y en a pas assez. Mais personne ne les veut proches de chez soi. Comme pour le TGV, tout le monde veut renvoyer le projet ailleurs. Ces études d’impact, de charte sont tout à fait nécessaires avant chaque projet industriel. Je pense que, aujourd’hui, implanter une éolienne sur une colline à côté d’un château demande beaucoup de courage, mais je suis personnellement pour. Je pense que, au fil des siècles, les technologies se sont superposées en couches. Que ce soit dans l’art ou dans la technologie, c’est pareil. Personne n’a demandé aux constructeurs d’églises gothiques s’ils voulaient que leurs églises soient pleines de baroque. Si bien que l’on a une superposition de strates et il faut avoir le courage d’en manifester une nouvelle. Il faut la maîtriser, comprendre et expliquer pourquoi on le fait, apprendre la beauté dans l’objet technologique. Plus on implante de sites et d’objets réussis, plus les gens vont commencer à les observer de manières différentes. Il faut avoir le courage de faire de belles choses, même si, au départ, cela peut sembler choquant.

Autre projet: le démantèlement d’une centrale nucléaire et la mise en place d’éoliennes à Gravelines dans le Nord (Nord-Pas-de-Calais). Le projet a été retenu pour dire que puisqu’on démantèle le nucléaire, pourquoi ne pas commencer à installer petit à petit de l’éolien à la place.

De nombreux travaux sur les couleurs avaient aussi été menés.

Ici, les gens imaginaient installer leurs éoliennes le long de l’allée de Carnac dans le Morbihan (Bretagne), parallèlement aux alignements. Ils ont énormément travaillé sur les couleurs présentes dans le paysage et les ont appliquées sur les éoliennes, avec parfois des couleurs qui réagissent par rapport à l’environnement et l’intensité lumineuse. On avait toute une foule de projets sur l’animation par les couleurs, les lumières, etc. Il y avait des choses formidables, des idées à prendre partout, et je regrette qu’EDF n’ait pas fait d’efforts assez importants pour publier tout cela. Il n’y a qu’une brochure et Internet pour 80 projets différents.

Je relance donc le pavé dans la mare: ayons le courage de travailler avec cette technologie. Nous vivons avec elle tous les jours. Quand il s’agit d’objets bien connus, ça va, mais quand il s’agit d’équipements dont on ne comprend pas toutes les incidences, on devient plus prudents. D’où ces travaux de charte, etc. Je comprends, mais c’est quand même un peu aberrant, car tout cet argent, on pourrait aussi le mettre dans la création de ces objets. Je ne veux pas dire que c’est inutile, je veux simplement dire: mais pourquoi préparer cinq ans à l’avance l’implantation d’une éolienne? D’accord, il faut discuter avec les villages, s’ils le veulent ou non. Mais sont-ils pour l’énergie alternative? Faut-il faire ces énormes études? Faut-il tellement discuter sur la forme des pylônes? Je crois que nous sommes dans une société de technologie et tout le monde en profite. Il faut seulement améliorer la qualité en général. Bien sûr, les initiatives sur les améliorations des objets et de leur implantation sont importantes. Je pense aussi que dans chaque projet, il faut que des designers, des architectes, etc., soient là au départ, car il regardent les problèmes autrement.

Alain Findeli Des réactions dans la salle?

Philippe Peyroche, Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) Étant représentant d’une association de protection de la nature, je suis frappé par cette dictature des techniciens qui s’annonce aussi froidement, en pleine réunion. Monsieur le dit avec une grande élégance formelle. Mais, sur le fond, il est carrément dictatorial. Il nous dit: .

Rainer Verbizh Non, ce n’est pas ça…

Philippe Peyroche Si, si, j’ai bien écouté. Il nous dit: . L’ambiguïté porte là-dessus. Tout objet peut devenir singulier, et même s’il était excentrique au départ par rapport à la norme paysagère, il peut devenir à terme sujet de curiosité et de goût. Je pense par exemple à la pagode d’Echoizolle. Pour que les éoliennes soient authentiques économiquement et ne soit pas de seuls objets de délectation pour techniciens, il en faut des centaines de milliers! Or, vu la cartographie du vent, ces centaines de milliers ne seront pas répartis équitablement sur le territoire. Seul 10% du territoire est disposé à en recevoir. Or, ces 10%, comme par hasard, correspondent aux lieux encore magiques et précieux précisément car ils ont échappé à l’industrie. Dans ce cas, vouloir implanter une éolienne où il n’y a rien est facile. Par exemple, si le vent le permettait, personne n’irait mettre une éolienne à Paris, car la population serait contre. Quand on est dans un territoire désertique, il faut aller plus loin pour trouver les personnes qui s’opposent et, ensuite, on les accuse de ne pas être du lieu, comme si le territoire était lié à la proximité immédiate. Donc, ce qui me choque, c’est qu’on annonce tranquillement qu’une machine, dans l’état actuel des techniques, a droit de cité et que prendre des précautions, c’est être trop bon! Et que l’on gaspille de l’argent à faire des études préliminaires, que l’on ferait mieux de mettre l’argent dans les machines. Alors je pense qu’il y a là quelque chose de terrifiant, au sens propre.

Rainer Verbizh Je suis volontairement provocateur. Ce n’est pas dire: technocratiquement, installez tout ce que vous voulez et n’importe où. C’est simplement dire: ayez le courage d’affirmer que vous vivez aujourd’hui dans une technologie avancée. C’est comme pour le recyclage: c’est du , on ne fait pas de l’alternatif en bricolant dans un coin. Les écologistes français n’arrivent pas à faire entrer leurs idées dans le gouvernement, car ils ne comprennent pas qu’on est aujourd’hui, partout, dans la haute technologie, c’est tout.

Philippe Peyroche Je vais vous répondre là-dessus. J’ai une page de d’octobre. On voit ici un nouveau prototype d’éolienne, différent des archaïsmes améliorés dérivés de moulins à vent avec des échelles aberrantes. Rien dans la nature n’est aussi haut. L’arbre le plus haut de France mesure 50 mètres. Dans cette revue, on propose des éoliennes d’une nouvelle génération. On peut échapper à cette fatalité des trois lames de faux qui tranchent. Et c’est fait. Même à Saint-Étienne, un étudiant a eu un projet entre l’École nationale d’ingénieurs et l’École des beaux arts pour faire une éolienne ronde et plus douce qui échappe à cette image inquiétante. Dans la revue, on a affaire à un industriel qui propose une machine avec un meilleur rendement puisqu’elle accepte les vents de grande vitesse. Car le paradoxe des éoliennes, c’est qu’elles s’arrêtent quand le vent est très fort… Cette idée nouvelle, c’est peut-être sortir par le haut de cette obligation de dénaturer le paysage français, qui est un espace de petite mesure, sans espace désertique. Le va très bien pour l’éolien. Il faudrait donc ne pas s’arrêter sur l’état primitif d’une technologie dérivée de la technologie aérienne (c’est l’hélice d’avion extrapolée) pour enfin accéder à des modes d’exploitation tolérables et qui peuvent donner matière à design comme les autres.

Rainer Verbizh Je pense qu’il faut un peu revenir sur l’approche. Je ne dis pas que c’est inutile. Je dis que l’on a l’impression que la population veut bien avoir tout ça, mais pas dans l’état actuel et près de chez soi. Il faut être prudent et chercher les bons lieux d’exploitation. Ces lieux existent et dans 10 ans ils seront occupés et il ne restera plus que le . Des manifestations contre l’implantation en peuvent aussi avoir lieu, de la part des pêcheurs par exemple… Je dis simplement que, aujourd’hui, on en est là, et qu’il faut avoir le courage d’affronter cette nouvelle technologie. Vous, vous diriez: . Et c’est ça…

Une personne dans la salle [sur un ton humoristique]: Dans les 100 km!

Rainer Verbizh Dans les 100 km. Voilà, c’est ça, et l’énergie alternative, tant pis! Alors, c’est exactement pour cela que les initiatives comme cette charte sont si utiles.

Gilles Debizet, laboratoire PACTE-Territoires, Grenoble J’ai une question sur la charte, qui reprend en partie l’objet du débat actuel. La charte présentée est une esquisse de projet territorial appliqué aux éoliennes. D’une certaine façon, vous définissez une programmation, en termes de localisation, de processus et de recommandations. Cette programmation est le complément de la programmation d’un fermier éolien ou d’un agro-industriel éolien et, sans doute, de celle de l’opérateur qui va récupérer l’énergie et la redistribuer sur le territoire (Réseau de transport d’électricité - RTE ou EDF). Nous sommes donc dans un cas de multiprogrammation qui combine une programmation territoriale, une programmation réticulaire et une programmation agro-industrielle ponctuelle. Vous avez bien expliqué que la programmation a été déclenchée par les tout premiers parcs d’éoliennes et on a essayé de faire un diagnostic à partir de cette expérience plus ou moins bien vécue, et c’est cela qui inspire la charte. C’est donc une réponse à un système technologique qui est basée sur l’idéequ’ily a aujourd’huiun grand réseau électrique, que le prix d’achat comme le prix de vente sont indépendants du territoire (même si cela change) et qu’il y a des financiers qui seront intéressés lorsque l’on pourra faire des parcs de très grande taille. La question que je vous pose est la suivante: est-ce qu’il y a eu, dans le processusd’élaboration du projet territorial que représente la charte, débats et discussions sur les apports du petit éolien? Si cela a été le cas, commentle débat a-t-il été écarté, puisque, au final, la charte est pensée seulement pour le grand éolien?

Catherine Roi Dans ce premier temps, la question ne s’est posée que pour le grand éolien, mais la démarche servira aussi à se poser celle du petit éolien. Ce sur quoi je voudrais simplement revenir, c’est que quand vous dites qu’il faut avoir le courage de se confronter à cette technologie, il faut savoir au service de quoi on la met. Ce que j’ai essayé de montrer ici, c’est qu’il y a eu une prise en main de son avenir par des collectivités. Cela a pris du temps. En sachant que cela ne se fait pas si facilement que ça, et que même s’il y a eu cette démarche au niveau de la charte, nous sommes loin de l’avoir finie. Cela veut dire que se posent encore les questions sur le moyen et le petit éolien. Derrière cela, il y a aussi d’autres enjeux sur le foncier, les outils à mettre en place, etc. Il y a encore du travail… Donc, savoir au service de quoi on le met, comment on arrive, collectivement, à faire des choix sur ce qui compte pour tout le monde et où pense-t-on que l’on peut le faire le mieux possible. C’est déjà la démarche la plus difficile à faire car, après, nous sommes en mesure de décliner notre projet. C’est un premier pas posé, mais toutes les questions n’ont pas été vues. Cela viendra bientôt.

Gilles Debizet D’accord. En fait, aucun acteur n’est venu frapper en disant:

Catherine Roi Cela a été évoqué, mais pas approfondi comme le grand éolien.

Arthur Jobert, EDF Je tiens à préciser que, ici, vu la taille des sites, on se trouve dans du petit grand éolien. Il y a bien plus grand encore. La question que je voudrais poser, même si je connais la réponse, est la suivante: l’État a-t-il joué le jeu, vu que c’est de la planification locale?

Catherine Roi Oui, l’État a joué le jeu et a signé une convention avec le Parc naturel pour en tenir compte au moment de donner des autorisations. Tout le problème réside dans l’ajustement des documents. Comme je le disais, nous sommes un peu apprentis sorciers, vu que le parc est passé de préfiguration de Parc à Parc labellisé, que les intercommunalités se mettent en place, etc. Cela fait beaucoup de choses à gérer et c’est une certaine façon de travailler. Ce qui me semble intéressant dans cette démarche, c’est que l’on a travaillé sur un temps long avec des gens qui ont joué le jeu, avec des parties prenantes et des opposants, et, au bout du compte, on arrive à trouver un moyen terme; en sachant que c’est une démarche qui, sur la méthode, a été intéressante et elle est reconduite au niveau du Parc pour faire vivre ce parc. La question est posée: comment faire évoluer la charte sur le petit et le moyen éolien notamment? Il n’était pas évident d’arriver à dépasser la question du produit financier, des porteurs de projets, etc.

Rainer Verbizh Et pour les sites potentiels, tout le monde est d’accord?

Catherine Roi Aujourd’hui, ce qu’il se passe, c’est que les collectivités regardent comment elles vont procéder, car cela peut conduire, pour les sites sur lesquels il y a maîtrise foncière et volonté de densification, à la mise en concours des différents porteurs de projet, pour savoir qui va faire le mieux. Cela veut dire que la collectivité a la main et c’est là que tout change.

Rainer Verbizh A ce moment, grâce à ce travail minutieux et long, en amont, il y aura très peu de contestations par rapport au site. Cela doit servir de modèle.

Un artiste sculpteur Techniquement, il semblerait qu’il n’y ait pas de problème pratique. Sur la qualité des sols, les questions de transport d’énergie, etc., il n’y a aucun problème?

Catherine Roi Vous avez vu à quelle échelle nous avons travaillé. Il y a une vingtaine de communes. Cela veut dire que, lorsque l’on définit des localisations, nous connaissons les lieux. Lorsque l’on parle de densification, c’est la même chose. Ailleurs, un travail préalable est nécessaire. Il y a des limites à l’exercice. C’est une première fois. Nous n’avons pas trouvé beaucoup de choses pour nous indiquer jusqu’à quelle échelle nous devions travailler pour avoir le niveau de précision nécessaire. Il nous a semblé que, dans un premier temps, l’enjeu était de trouver un consensus, quitte à reprendre point par point la démarche pour l’approfondir.

Alain Findeli S’il n’y a pas d’autres questions, je vous invite à prendre le café. Merci.

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